Une semaine fructueuse à Paris pour S.E. le Dr Abdullah

En visite à Paris à l’occasion de la Semaine eurasienne de l’OCDE, S.E. le Dr Abdullah, Chef exécutif du gouvernement afghan, a aussi multiplié les rencontres afin de resserrer les liens entre l’Afghanistan et la France. Il s’est entretenu avec de hautes autorités et des personnalités de l’Etat, a accordé des entretiens à la presse, et sa conférence à la « Paris School of International Affairs » (Sciences-Po) a attiré un grand nombre de jeunes, français, afghans ou venus des quatre coins du monde. Au niveau des organisations internationales, le Dr Abdullah s’est entretenu avec Madame Audrey Azoulay, directrice générale de l’UNESCO, M. José Ángel Gurría, secrétaire général de l’OCDE et il a été reçu à Aiglemont par S.A. l’Aga Khan.

Le président du Sénat, Monsieur Gérard Larcher, l’a accueilli pour une conversation fructueuse en présence de M. Christian Cambon, président de la commission des Affaires étrangères, de la Défense et des Forces armées, de M. Tourenne, président du groupe d’Amitié franco-afghane du Sénat et de M. David Martinon, ambassadeur de France en Afghanistan. Le Dr Abdullah a bien sûr également rencontré pour un entretien M. Jean-Yves Le Drian, ministre de l’Europe et des Affaires étrangères.

La conférence qu’il a tenue à Sciences-Po a montré quel intérêt la jeunesse, qu’elle soit française, afghane ou venue d’autres pays, pouvait montrer pour l’Afghanistan. Le Dr Abdullah s’est volontiers prêté au jeu des questions des étudiants, venus très nombreux. Des questions sans complaisance, dont le ton avait été donné par le professeur honoraire Bertrand Badie, modérateur de la conférence.

Le « parler vrai » du Dr Abdullah a également été apprécié par les journalistes à qui il a accordé des entretiens, comme à Luc Mathieu, pour le journal Libération, qui lui demande notamment si la population afghane pourrait accepter un retour au pouvoir des talibans. « Les Afghans, dans leur ensemble, sont en faveur du processus de paix. Mais une très grande majorité est contre la talibanisation du pays. Ce n’est pas acceptable pour eux. Les gens veulent une vie normale pour leurs enfants, avec un accès à l’éducation, aux soins, etc. » Pour le Dr Abdullah, personne ne veut abandonner ces droits fondamentaux. Et, conclut le Chef exécutif du gouvernement : « Les talibans doivent prendre le chemin de la paix. Ils ont leurs idées mais ils ne peuvent pas les imposer comme ils le font aujourd’hui dans les régions qu’ils contrôlent, ils doivent opter pour une voie politique. Dans ce cadre-là, il n’y a aucune chance que la population accepte leurs idées. »

La délégation venue avec le Dr Abdullah – notamment M. le ministre de l’économie, M. le vice-ministre du commerce, M. le conseiller économique du président de la République, a, de son côté, rencontré plusieurs acteurs du développement international et de la vie économique française. Les entretiens à l’Agence française de développement (AFD) et à la Chambre de Commerce et d’Industrie (CCI) ont œuvré au renforcement les liens entre les deux pays.

L’article de Libération :

https://www.liberation.fr/planete/2018/11/20/afghanistan-les-talibans-ne-veulent-pas-la-paix_1693193