Pour Hafiz et Yam Pakzad, le père et le fils, la peinture est une affaire de famille

Sous le pont des Grésillons, à Asnières, les fresques monumentales du Château, de l’Hôtel de ville et du Pont d’Asnières ont nécessité plus de quatre mois de travail minutieux. Il faut dire qu’Hafiz Pakzad s’exprime par tout petits points, sur des œuvres parfois gigantesques. Il a poussé son admiration et son amour pour les Impressionnistes jusqu’à inventer le « Pixellisme ». Conçues point par point, ses toiles recèlent des millions d’infimes touches, comme les points minuscules qui définissent une image numérique.

On pourrait dire de son fils, Yam, qui a exposé au Salon d’Automne son tableau « Robot Archéologue » du 10 au 13 octobre 2019 parmi plus de 600 artistes venus du monde entier, qu’il est tombé dans la peinture comme Obélix dans la potion magique. A cinq ans, il peignait déjà. Aujourd’hui, il est soutenu et encouragé par le grand artiste surréaliste Jean Desvilles, Président des « Amis du Salon d’Automne de Paris ».

Bien qu’il expose depuis plusieurs années déjà et qu’il ait participé à plusieurs prix, il faudra pourtant encore quelques temps à Yam avant d’égaliser le palmarès de son père, qui s’est vu décerner de très nombreuses et prestigieuses récompenses, comme le « Prix Univers des Arts », lors du grand prix de Barbizon 2018 de l’Académie Boitiat.

Originaire de Bamyân, Hafiz Pakzad a commencé à peindre il y a plus de 50 ans en Afghanistan. Après des études suivies aux Beaux-Arts de Kaboul, il a rejoint la France où il vit maintenant de son art. Comme l’a écrit Nicole Lamothe (L’Univers des Arts, Mars – Avril 2013), « Il a pu enfin concrétiser son désir : peindre pour lui, amoureux de la culture française tant artistique que littéraire qu’il a étudiée ; il reconnaît comme ses maîtres Monet pour sa recherche de lumière, Seurat et la rigoureuse ordonnance de ses compositions mais encore Ingres dont il admire la probité du dessin. »

Dans ses œuvres, on perçoit discrètement ces diverses influences, mais aussi celle de la Renaissance, avec même, parfois, une touche de surréalisme. Mais la vaste culture, la réflexion, l’onirisme de ce peintre à la fois paisible et tumultueux, discret et audacieux, Afghan et Français, donnent à ses tableaux une réelle originalité.  Nicole Lamothe ajoute : « L’imaginaire s’unit à la réalité dans ses toiles fort bien structurées et le plus souvent exécutées en un pointillisme qu’il nomme « pixellisme », petits points réalisés avec un pinceau minuscule et qui ne se révèlent que lors d’une observation attentive. » Avec ses « petits points » et son pinceau  minuscule, il a réalisé des œuvres gigantesques, comme les fresques du Château, de l’hôtel de ville et du Pont d’Asnières.

Durant sa jeunesse, Hafiz Pakzad avait admiré les superbes Bouddhas de Bamyân aujourd’hui sauvagement détruits. Il a perpétué leur souvenir dans une toile magistrale représentant l’un deux, qui a été acquise par le musée Guimet ; Hafiz Pakzad en a offert une reproduction à l’Ambassade.