Le « Village international de la gastronomie et des cuisines populaires » s’installe dans les jardins du Trocadéro du 21 au 24 mars

Le Village international de la gastronomie et des cuisines populaires devrait ouvrir les appétits et les curiosités. Dans les jardins du Trocadéro, une centaine de stands permettront aux visiteurs de faire connaissance avec des pays et des peuples en passant par la porte de la cuisine, par la découverte de leurs patrimoines culinaires,  en partageant plats et coutumes.

Une cinquantaine de pays participent cette année, dont l’Afghanistan, en présence de grands chefs venus des quatre coins du monde. Le Mali est l’invité d’honneur, et des ateliers autour de sa cuisine seront proposés du 22 au 24 mars. Chaque jour apportera ses événements, en commençant avec le dîner Goût de France « Autour de la Provence » le 21 mars, suivi de l’attribution du prix « Authentique » (le 22) au stand le plus représentatif de son pays.

Du 22 au 24 mars, les grands chefs français déclineront des recettes des pays présents, ou inviteront un gagnant à réaliser un plat avec eux ; une scène accueillera concerts et spectacles de danse, parades et défilés de costumes pour faire partager aux visiteurs les richesses de l’héritage culturel universel de chacun des pays représentés ; l’imagination des visiteurs sera sollicitée autour du prix de la fusion, qui récompensera le plat le plus atypique, comme un bourguignon à la Japonaise ou un riz Djolof façon Kabouli Palao.

Anne-Laure Descombin a créé ce village en 2016 pour la fête de la Gastronomie portée par Bercy,  avec le désir de rapprocher nos pays, nos cultures, autour de la gastronomie populaire.

Président Ghani : « Il n’y a pas de limite à ce que les femmes afghanes peuvent accomplir »

Le président Mohammad Ashraf Ghani, lors d’une cérémonie qui a eu lieu dimanche à l’occasion de la Journée internationale des droits des femmes intitulée « L’équilibre pour une vie meilleure » au palais Chahar Chenar, a estimé que la présence de femmes à des niveaux élevés dans le pays était sans précédent.

Ghani a précisé que le gouvernement d’unité nationale avait mis en œuvre un grand nombre de programmes visant à favoriser la participation des femmes à la société. « Aujourd’hui, les femmes afghanes participent aux discussions sur des questions nationales clés. Le gouvernement d’unité nationale est fier de fournir aux femmes l’occasion de jouer un rôle actif dans ces questions. » Le président a ajouté qu’une jeune fille pouvait désormais être législateur, sénateur ou magistrat et participer aux activités du pays, ajoutant qu’une femme qui travaillait était puissante et qu’une femme disposant d’un revenu pouvait défendre ses droits islamiques.

Le chef exécutif, Dr Abdullah Abdullah, a également défendu les engagements du gouvernement afghan pour renforcer la présence des femmes dans la société et a rappelé lui aussi que le gouvernement d’unité nationale avait lancé des programmes systématiques visant à soutenir les femmes du pays. « Nous et le gouvernement d’union nationale estimons être responsables de la mise en œuvre des aspirations du peuple afghan et des revendications des femmes du pays dans le cadre de la loi », a-t-il déclaré.

Le président Mohammed Ashraf Ghani a ajouté que le gouvernement fournirait aux femmes les bases nécessaires pour recevoir un enseignement technique doté d’un meilleur marché du travail.

Pour le président Ghani, le plus grand défi des femmes est la pauvreté et son éradication doit être un objectif national. « Les femmes vivront dans le dénuement à moins que nous ne travaillions à les libérer des chaînes de la pauvreté », a-t-il développé. « Nous sommes extrêmement fiers que les responsables de nos institutions électorales soient des femmes. Nos ambassadeurs dans notre plus grand pays partenaire (les Etats-Unis) et à l’ONU sont des femmes, et nous avons des femmes ministres et des juges ».

Le président Ghani a remercié les partenaires internationaux de l’Afghanistan pour la promotion des femmes en Afghanistan et a répété que les Afghans ne peuvent réaliser de grandes choses, telles que la paix, que lorsqu’ils sont unis. « Une paix durable est l’aspiration de la majorité du peuple afghan. La paix est un processus national, mais pas ethnique, politique ou racial. La paix appartient à tous les Afghans. La paix ne sera pas durable si une couche d’Afghans reste à l’écart du processus. »

« Les Porteurs d’eau » d’Atiq Rahimi : rationalité française et poésie dari persane pour narrer l’exil, l’amour, la mémoire et la liberté

Nous sommes le 11 mars 2001 et les talibans viennent de détruire les deux bouddhas de Bâmiyân, en Afghanistan. Dans « Les Porteurs d’eau », son dernier opus, paru au mois de janvier, Atiq ­Rahimi reprend ses thèmes de prédilection : les grandes tragédies de l’histoire contemporaine, la cruauté des hommes, la douleur de l’exil et de la clandestinité.

Il est question dans « Les Porteurs d’eau » de deux destins parallèles, celui de Tom qui vit à Paris et s’apprête à une rupture, et celui de Yûsef, qui s’éveille à Kaboul et s’arrache à la contemplation de Shirine, la femme de son frère, parti en exil. Deux destins croisés mais qui ne se croisent pas, sur la mémoire, l’amour, la liberté et l’exil.

En narrant ces deux histoires, qu’il place symboliquement le jour « où tous les Afghans se souviennent où ils étaient », Atiq Rahimi s’interroge sur la valeur et la puissance des sentiments au regard de l’histoire en train de se jouer. Peut-on être imperméable, comme aimerait le croire Tom, l’exilé, à sa culture d’origine et à ce qui l’affecte ? La valeur des sentiments est-elle la même ­selon qu’ils sont vécus par un Afghan passé au filtre de la rationalité française, et pour un ­porteur d’eau de Kaboul ?

Quand la nuit tombe, Tom cesse enfin de chercher qui il est en reprenant son vrai prénom de ­Tamim, tandis que Yüsef ne craint plus son destin en se dépouillant de tout. Mais, dehors, la folie des hom­mes continue de frapper.

Portrait du livre et de son auteur dans Le Monde du 9 mars.

https://www.lemonde.fr/culture/article/2019/03/09/atiq-rahimi-images-et-symboles_5433591_3246.html

Photo HÉLÈNE BAMBERGER / OPALE VIA LEEMAGE

«Une histoire commune pour bâtir un avenir commun»

« Histoire et Mémoires ». Le colloque du CEREDAF qui s’est tenu samedi 2 mars a mis en valeur le passé de l’Afghanistan à travers le travail des historiens et dans la perspective de la construction de l’avenir. « Nous ressentons la nécessité impérieuse voire vitale, de mieux comprendre, mieux appréhender notre histoire. Seule cette compréhension peut nous éviter de retomber dans les pièges d’un enfermement passéiste. Seule cette compréhension peut nous garantir de cheminer avec sérénité et détermination vers un avenir plus prospère. » Ces paroles sont celles du président Ashraf Ghani dans un hommage rendu à la mémoire du grand historien afghan Fayz Mohammad Kateb Hazara, cité par l’ambassadeur Sediqi dans son discours de clôture du colloque. Saluant les contributions, l’importance du « travail scientifique des historiens pour éviter les pièges et garder à l’esprit les racines historiques des actions présentes », M. Sediqi a souligné l’opportunité du thème choisi pour le colloque.

Le docteur Assem Akram et M. Amin Tarzi, directeur des études sur le Moyen-Orient à l’université des Marines Corps à Quantico en Virginie, ont exploré les sources disponibles et l’histoire personnelle, liée à leurs activités d’historiens, d’auteurs comme Ghobâr Habibi, Farhang et Richtia, qui ont connu la censure et la prison. Ils ont aussi longuement exploré les travaux de Fayr Mohammad Kateb, considéré comme le premier historien de l’Afghanistan. Dans son œuvre « Serâj-Ul-Tawarikh (Histoire de la Lumière), celui-ci retrace l’histoire du pays entre le XVIIIème siècle et son époque, celle du roi Habibullâh (1901-1919). Le cinéaste Barmak Akram et Kaneschka Sorkhabi, chercheur en géopolitique, ont eux, relié histoire et actualité récente en évoquant « mémoire, images et création », à travers les œuvres artistiques qui conservent la trace des événements récents comme les scènes de destruction de Kaboul filmées par Barmak Akram.

L’ancien ambassadeur de France en Afghanistan Régis Koetschet a rappelé plus d’un siècle de contributions françaises, l’archéologue Zafar Païman proposé un aperçu historique de Kaboul selon les récentes découvertes archéologiques. Bastien Varoutsikos, directeur de développement à l’ICONEM, a montré l’intérêt de la technologie au service de la mémoire en projetant les relevés 3D qu’il avait effectués, en particulier à Bamyan. Relevant la part subjective des travaux de modélisation, Il a envisagé dans ses travaux futurs d’associer les populations vivant autour des lieux historiques pour prendre en compte le regard qu’elles portent sur leur patrimoine.

« Histoire et Mémoires ». L’étude de l’histoire est une discipline scientifique, qui exige de la rigueur, mais le colloque a volontairement introduit la part d’émotion contenue dans les mémoires. Le récit du docteur en médecine Farida Kamal, qui rapportait les travaux sur la mémoire à travers les noms de lieux menés par sa fille, décédée l’an dernier d’un cancer, a atteint les auditeurs au plus profond. L’émotion s’est invitée avec dans les poésies lues par Belgheis Jafari Alavi, chercheuse-enseignante à l’INALCO. Des poésies écrites par des exilés, ou le préfixe privatif « Bé » (sans) revient souvent. Sans argent, sans famille, sans pays… un pays qui existe désormais à travers une mémoire fictive et idéalisée. Mais comme l’a signifié le président Ghani, « Ce n’est que par la connaissance de nos douleurs communes mais aussi de nos gloires communes que nous pourrons faire prospérer notre histoire commune et bâtir notre avenir commun ».

La distribution des terres aux rapatriés afghans va commencer

Le Ministère des réfugiés et des rapatriés (MoRR) a informé de la répartition des terres à un certain nombre de ceux qui sont revenus de pays voisins. Selon le ministère des réfugiés et des rapatriés, la mise en œuvre du décret relatif à la distribution des terres aux rapatriés (305ème décret de la présidence) permet de déterminer que les terres seront distribuées aux rapatriés éligibles. Ce nouveau décret remplace le précédent (104ème).
« Deux comités ont été formés pour spécifier l’emplacement des terres et identifier les rapatriés éligibles », a déclaré le porte-parole adjoint du MoRR, M. Mohammad Raza Bahir, ajoutant que les responsabilités des comités étaient finalisées et seront bientôt approuvées par le président Ashraf Ghani. « A partir de maintenant, le processus de distribution des terres sera accéléré et seuls les rapatriés éligibles, et non tous les rapatriés, se verront attribuer des terres résidentielles sur la base du 305ème décret présidentiel », a ajouté M. Bahir.
Les commissions créées pour la distribution des terres aux rapatriés travailleront en consultation avec les autorités et les conseils locaux du pays afin de maintenir la transparence dans la distribution des terres aux rapatriés éligibles.
Le législateur Mir Bat Khan Mangal a précisé que « La répartition des terres entre les rapatriés devra être transparente. Les deux comités devront d’abord rechercher la vision des gouverneurs, des conseils provinciaux et des populations locales, puis approuver l’admissibilité des rapatriés aux terres ».
Un porte-parole adjoint du ministère a déclaré que de 2015 à 2017, des terres ont été distribuées à 8 000 rapatriés munis de documents.  Aucune terre n’a été distribuée au cours de l’année 2018 en raison de la modification du décret présidentiel.
Selon des statistiques officielles, près de huit millions de réfugiés afghans sont rentrés chez eux depuis divers pays étrangers, notamment le Pakistan et l’Iran, au cours des 17 dernières années, mais six millions d’Afghans vivraient encore en tant que réfugiés dans différents pays du monde.

Le président Ghani insiste sur la préservation des droits des femmes dans le processus de paix

Lors de la grande conférence du « Consensus national des femmes afghanes pour la paix », le président Ashraf Ghani a déclaré que les femmes avaient un rôle vital à jouer dans le processus de paix, réprimant toute possibilité d’exclure les femmes du processus ou de compromettre leurs droits. « Les femmes représentent la moitié de la société afghane, il est impossible de minimiser ou de faire abstraction de leurs préoccupations légitimes pendant le processus de paix. »

Ashraf Ghani a ajouté que les femmes afghanes peuvent se représenter elles-mêmes et qu’aucune force ne peut annuler les progrès qu’elles ont accomplis au cours des 18 dernières années. Il a insisté : « les hommes afghans doivent accepter le fait incontestable que les femmes ont un rôle intégrateur à jouer dans le processus de paix et l’avenir de l’Afghanistan, sans aucune exception. Il est facile de prolonger le cercle vicieux des conflits, mais il faut faire preuve de diligence et d’engagement pour établir un cercle vertueux de paix, de stabilité et d’ordre public ».

Le président a rappelé que la Constitution considère les hommes et les femmes afghans sur un pied d’égalité et qu’en tant que commandant en chef des forces armées et chef de l’État, il lui incombe de veiller à ce que les droits constitutionnels des femmes ne soient pas bafoués.

« Tous les Afghans exigent la paix et l’événement d’aujourd’hui vise également à mettre fin à la guerre », a aussi déclaré la Première Dame, Madame Rula Ghani. La conférence était organisée par le Bureau de la First lady, « Afghan Women for Peace », le Réseau des femmes afghanes et le Haut Conseil de la paix. Plus de 3 500 femmes de 34 provinces de tous les horizons ont participé à la conférence et ont présenté une déclaration exprimant leurs préoccupations et leurs suggestions pour le processus de paix.

Cette conférence et la Déclaration résultaient de six mois de délibérations et de consultations avec plus de 15 000 femmes dans toutes les provinces. La Déclaration demande principalement la fin de la guerre, le respect des valeurs constitutionnelles et un processus de paix inclusif.