Le président Ghani appelle à la création d’une « Jirga » pour la paix

Le président Ashraf Ghani a appelé lundi à la création d’une grande assemblée consultative sur le processus de paix dans le pays, visant à faciliter les pourparlers directs entre le gouvernement afghan et les talibans.

S’exprimant lors de la Réunion consultative nationale sur la paix qui s’est tenue lundi 11 février au palais présidentiel, M. Ghani a déclaré que la décision de tenir une jirga avait été prise sur avis des délégués de la réunion pour aider une paix « digne » dans le pays. « À la Jirga, les gens vont discuter de la nature des pourparlers de paix et du gouvernement de l’après-paix en Afghanistan », a précisé M. Ghani.

Le président a chargé son Représentant spécial pour les affaires régionales pour le consensus sur la paix, M. Umer Daudzai, d’accélérer les efforts en vue de la convocation de la Jirga d’ici la fin du mois de mars. « Nous allons vers les consultations a-t-il affirmé.  Il n’y a aucun risque à tenir des consultations », ajoutant : « Nous devons déterminer les valeurs qui ne devraient pas être compromises. L’échelle de flexibilité et le coût de la paix doivent être clarifiés. » M. Ghani a indiqué que le travail sur le gouvernement post-paix avait commencé et que le sujet serait discuté lors de la troisième Conférence du processus de Kaboul en mars.

Peu après les déclarations de M. Ghani, l’ancien président Hamid Karzaï a réagi positivement, affirmant qu’il soutenait la démarche de l’administration du président. M. Karzaï a précisé qu’il considérait la Loya Jirga comme une plate-forme clé pour réunir les Afghans afin qu’ils discutent d’une paix durable dans le pays.

De son côté, le Chef exécutif M. Abdullah Abdullah a encore une fois blâmé les talibans pour leur refus de s’entretenir avec le gouvernement afghan, affirmant que les efforts des talibans visaient à « obtenir des concessions » et non à avoir de « vrais entretiens ». « L’obstination des talibans, qui ne sont pas prêts pour de véritables pourparlers, est la principale et unique raison de la guerre. Les démarches entreprises par eux (les talibans) concernent la propagande et les concessions, et non la bonne volonté ou des négociations réelles et sérieuses », a déclaré M. Abdullah au cours de son discours devant la réunion du Conseil des ministres de lundi.

« Pas de fossé entre le gouvernement et la nation »

Il a indiqué que les parties impliquées dans le processus de paix en Afghanistan devraient faire preuve d’une certaine « souplesse » afin de poursuivre le processus, ajoutant que les réalisations des dernières années ne devraient pas être sacrifiées. « La paix veut des sacrifices, mais les rêves du peuple ne doivent pas être sacrifiés. Cela signifie que cette terre appartient à tous les Afghans et que tous ont le droit de vivre dans la paix et la dignité. »

Ces propos du Chef exécutif font écho à ceux de M. Ghani, à propos de la Jirga : « Si vous voulez avoir une paix digne, alors il ne devrait pas y avoir de fossé entre le gouvernement et la nation ». Le président a réitéré son appel aux talibans pour qu’ils engagent des pourparlers directs avec le gouvernement afghan et évitent de nouvelles effusions de sang dans le pays.

M. Ghani a aussi évoqué lundi la prochaine échéance électorale : « Il y a un consensus sur le fait que les commissions en place n’ont pas su répondre aux exigences de la nation. Il existe un consensus pour modifier la loi électorale ». D’où la nécessité de la modifier afin de garantir la tenue des prochaines élections présidentielles conformément à la volonté des Afghans. Elles sont prévues pour le 20 juillet.