Le grand succès des artistes afghanes en France

Les jeunes virtuoses de l’orchestre Zohra récompensées par le prix Montluc Résistance et Liberté

Zohra, le premier orchestre 100% féminin d’Afghanistan, a reçu vendredi 9 février 2018 à Lyon le Prix Montluc Résistance et Liberté. L’orchestre fondé par le musicologue et trompettiste, Dr Ahmad Sarmast et dirigé par la très jeune chef d’orchestre Negina Khpalwak, partage le prix avec le professeur de philosophie Frédéric Gros pour son essai « Désobéir » (Albin Michel) dans lequel il remet en cause l’obéissance aveugle.

Décerné par un jury indépendant de personnalités des lettres, des arts et des médias, ce prix récompense et « met en lumière une oeuvre littéraire ou artistique qui aide à combattre la résignation et ses conséquences », a souligné Jean-François Carenco, président du jury et ancien préfet de Région, lors d’une cérémonie au Mémorial national de la prison de Montluc.

Née en 2016, la formation symphonique « Zohra » (Vénus en arabe et en Persan) est composée de 35 virtuoses âgées de 14 à 21 ans, issues de milieux modestes. L’an dernier, en janvier 2017,  l’orchestre Zohra s’est produit pour la première fois à l’étranger, devant quelque 3.000 dirigeants politiques et économiques mondiaux, au forum de Davos (Suisse) pour un concert composé uniquement de classiques afghans.

En l’absence de l’orchestre, le prix a été remis à Son Excellence l’ambassadeur d’Afghanistan en France, en présence du directeur de l’Institut français d’Afghanistan à Kaboul.

Et déjà, les jeunes virtuoses de Zohra ayant séduit le directeur de l’opéra de Lyon, se profilent de nouvelles invitations, de nouveaux concerts, de nouvelles rencontres.

Une moisson de prix pour la réalisatrice Roya Sadat au festival de Vesoul

Le festival international des Cinémas d’Asie de Vesoul (FICA), dont la 24ème édition s’est tenue du 30 janvier au 6 février 2018, a octroyé pas moins de trois prix à la réalisatrice afghane Roya Sadat, pour son film « A letter to the président » : Mention spéciale du jury international, Mention spéciale du  jury Netpac et prix du Jury lycéen.

Le jury a salué « un film réalisé à un moment clé de l’histoire où le monde refuse enfin de taire la difficile condition de la femme ». A Letter to the President est l’histoire d’une jeune femme, Soraya, fonctionnaire de police à Kaboul, condamnée à mort après avoir aidé une jeune femme accusée d’adultère. Pour sauver sa vie, elle écrit une lettre au président.

C’est le premier film réalisé par une femme en Afghanistan depuis la chute des talibans. Avec sa sœur, Roya Sadat avait fondé en 2003 la première compagnie féminine de production en Afghanistan et créé ensuite le premier festival de films de femmes dans le pays. Depuis 2004, elle a été invitée dans plus de soixante festivals internationaux. Elle travaille aussi pour la télévision.

A Letter to the President est son premier long métrage de fiction.

Deux documentaires ont aussi conduit les spectateurs du festival de Vesoul en « terre afghane ». The Wait du Danois Emil Langballe ne foule pas le sol afghan mais nous fait partager le quotidien délicat d’une toute jeune fille, Rokhsar Sediqi, qui essaie d’obtenir des autorités danoises l’asile pour sa famille.

Les Fantômes de Bamiyân , tourné entièrement en Afghanistan par le Français Patrick Pleutin, suit Ali, artiste hazara émigré en France, lui aussi pour fuir les talibans. Ali a quitté son pays il y a plus de seize ans, avant la destruction, le 11 mars 2001, des trois Bouddhas géants. Il revient sur les traces de son passé et ses racines.

Photos Jean-François Maillot, photographe officiel du FICA.