L’application des sanctions onusiennes oblige les talibans à renoncer à rencontrer les autorités pakistanaises

Les talibans ont annulé lundi 18 février les réunions prévues au Pakistan, dont la première audience avec un dirigeant national depuis que leur régime a été renversé du pouvoir en Afghanistan en 2001. Ils devaient rencontrer le Premier ministre pakistanais Imran Khan. La semaine dernière, le gouvernement afghan a protesté devant le Conseil de sécurité des Nations Unies pour que les dirigeants du groupe ne puissent se rendre au Pakistan, faisant valoir que ses membres sont sanctionnés par les dispositions du Conseil de sécurité des Nations unies et donc sous le coup de restrictions de voyage en vertu de sanctions internationales.
Nazifullah Salarzai, représentant adjoint de l’Afghanistan auprès de l’ONU, a indiqué vendredi dans une lettre aux Nations Unies que la visite des talibans au Pakistan – et en particulier la réunion avec M. Khan – équivaudrait à « la reconnaissance officielle et à la légitimation d’un groupe armé, ce qui constitue une menace grave pour la sécurité et la stabilité de l’Afghanistan ». Il s’agit d’une « violation de la souveraineté nationale de l’Afghanistan, ajoute la lettre. Ces discussions, qui prétextent un soutien aux efforts de paix de l’Afghanistan, sont dépourvues de toute coordination avec le gouvernement de l’Afghanistan ».
Dimanche 17 février, au cours de ses discussions avec M. Zalmay Khalilzad, représentant spécial des États-Unis pour la réconciliation en Afghanistan, le président Ashraf Ghani a demandé au Pakistan d’éclaircir ses relations avec les talibans. « Nous voulons que les talibans clarifient leurs relations avec le Pakistan et que le Pakistan clarifie ses relations avec les talibans et explique sur quoi ces relations reposent. » Le dimanche précédent (10 février), il s’était dit prêt à ouvrir un bureau à Kaboul, Kandahar or Nangarhar et à assurer la sécurité des talibans dans le cadre de négociations sous direction et maîtrise du gouvernement afghan.