L’aide française à la reconstruction

En 2002, la France a mis en place un programme d’actions pour la reconstruction de l’Afghanistan. Les premiers objectifs de cette coopération étaient alors de répondre à l’urgence humanitaire et de relancer les coopérations traditionnelles : aide aux lycées francophones Esteqlal et Malalaï de Kaboul, coopération dans les domaines de la santé, de l’agriculture, de la culture, de gouvernance et d’Etat de droit. En 2004, la décision d’inclure l’Afghanistan dans la Zone de Solidarité Prioritaire (ZSP) a permis à ce pays de bénéficier de financements de l’Agence Française de Développement (AFD) et à l’accès au Fonds de Solidarité Prioritaire (FSP).

Le Président Sarkozy a annoncé lors de la conférence de Paris de juin 2008 une augmentation de l’aide civile française à l’Afghanistan qui passerait à 106 millions d’euros sur trois ans.

Cet objectif a été confirmé et amplifié par la décision prise en 2009 d’augmenter encore l’aide civile française, portée à 40 millions d’euros par an, et axée plus particulièrement sur la mise en œuvre de projets dans la province de Kapisa et dans le district de Surobi. Une équipe civile de 9 experts français en gouvernance et développement (le Pôle de Stabilité) a été déployée dans cette zone à l’été 2010. Le Pôle de stabilité disparaitra à la fin de l’année 2014 et ses actions seront reprises par le service d’Action culturelle de l’ambassade de France, et l’AFD.

Le montant de l’aide française en faveur de projets de coopération s’élevait à 308 millions d’euros pour la période 2012-2016.

  1.  Santé

Le 7 avril 2006, le projet d’un Institut médical français pour l’enfant (IMFE) de Kaboul a vu le jour. Il a été initié à l’origine par l’ONG la Chaîne de l’Espoir et construit grâce à l’aide de fonds privés que La Chaine de l’Espoir et Enfants Afghans ont mobilisés, ainsi qu’avec le soutien du ministère des Affaires étrangères. La gérance est faite par l’Aga Khan Development Network (AKDN), la Chaîne de l’Espoir apportant son expertise et son expérience en matière de formation médicale et paramédicale. La première opération à cœur ouvert de l’histoire afghane y a été pratiquée, sur un enfant, en avril 2006.

Un prêt concessionnel de l’AFD de 9 millions d’euros permet de financer une extension de l’hôpital qui devrait s’achever fin 2016. Cette nouvelle construction permettra à d’étendre ses services hospitaliers notamment en maternité, gynécologie/obstétrique, néonatologie.

Par ailleurs, l’AFD, en partenariat avec la Fondation Aga Khan a également subventionné à hauteur de 5,7 millions d’euros un projet d’appui à la santé maternelle, dans la province du Badakhshan. Ce projet, qui a pour objectif d’améliorer le système de santé dans cette province devrait s’achever fin 2015.

L’AFD a également financé à hauteur de 8 millions d’euros un projet de réhabilitation du système national de transfusion sanguine.

2. Agriculture

Dans le domaine de l’agriculture, un projet d’appui au développement agricole (coton et céréales), subventionné par l’AFD, a été lancé en 2004 dans les provinces de Koundouz et de Balkh. Dans la continuité de ce projet, l’AFD a octroyé 5,2 millions d’euros en 2008 pour développer deux productions agricoles stratégiques dans le nord et le nord-est de l’Afghanistan. Ce projet devrait s’achever fin juin 2015.

L’AFD a également financé à hauteur de 10 millions d’euros un programme de développement rural des montagnes du centre pour améliorer le système de santé dans la province du Badakhshan. Ce projet s’achèvera fin 2015.

3. Etat de Droit

La France a coordonné les efforts internationaux pour appuyer la mise en place du Parlement afghan, en étroite collaboration avec le Programme des Nations unies pour le Développement (PNUD) et ses partenaires, en particulier européens. Le Ministère des Affaires Etrangères y a consacré 2,5 millions d’euros et la Commission européenne 3,5 millions d’euros. Ce projet a consisté à former une administration parlementaire efficace pour accompagner le travail des élus. L’expertise du Sénat et de l’Assemblée nationale français a joué un rôle majeur dans le succès de cette entreprise.

De manière complémentaire, un projet franco-allemand de formation de juges et de magistrats de la Cour suprême afghane a été lancé.

Plus récemment, des vice-gouverneurs ont été formés en trois séjours d’un mois (une dizaine de participants à chaque fois) entre 2012 et 2014 et un quatrième séjour devrait avoir lieu en 2015. Ces formations, à l’ENA et en Préfecture visent à améliorer la bonne gouvernance en Afghanistan.

4. Autres secteurs

Enfin, la coopération française est également engagée dans la relance du secteur privé (Proparco a accordé un prêt de 5 millions d’euros pour le développement du microcrédit et trois prêts totalisant 40 millions de dollars pour le développement de la téléphonie mobile) et la sauvegarde du patrimoine millénaire de l’Afghanistan. La DAFA a redémarré en 2002 ses activités de protection, de restauration et de mise en valeur des richesses archéologiques du pays, et la reconstruction de l’Institut National pour l’Archéologie a fait l’objet d’un financement français en 2010

Dans le domaine éducatif, outre l’aide aux lycées francophones déjà mentionnée, la France soutient la réhabilitation de plusieurs instituts de formation d’enseignants, ainsi que la rénovation des programmes scientifiques scolaires. Dans le secteur de l’enseignement supérieur, des coopérations ont été engagées avec l’université de Kaboul (faculté de droit, département de français).