L’ambassadeur Sediqi a participé lundi à la conférence sur le patrimoine en péril

Le Louvre a accueilli le 20 mars la conférence des donateurs sur le patrimoine culturel en péril. Les travaux ont été ouverts par François Hollande, par le vice-Premier ministre et ministre de l’intérieur émirien, Cheikh Saif ben Zayed Al Nahyan, et par Irina Bokova, directrice générale de l’UNESCO.

L’événement s’inscrit dans la continuité de la conférence internationale d’Abou Dabi qui, à l’initiative du président de la République et du prince héritier d’Abou Dabi, a réuni les 2 et 3 décembre 2016 de nombreux États et institutions culturelles mobilisés par la nécessité de préserver le patrimoine culturel en danger dans les zones en conflit. Dans la déclaration finale de la conférence, la communauté internationale s’est engagée à créer un fonds international de soutien aux programmes de sauvegarde du patrimoine culturel et à constituer un réseau international de refuges pour les biens culturels en péril.

L’alliance internationale pour la protection du patrimoine dans les zones en conflit (ALIPH), fondation créée sur la base d’un partenariat public-privé, a été lancée le 3 mars à Genève par la France et les Émirats arabes unis. Les participants à la conférence des donateurs du Louvre feront part de leurs contributions pour financer les premiers projets dès 2017.

Discours de Son Excellence Abdel-Ellah SEDIQI

« Le président Ashraf Ghani, qui avait honoré l’invitation et avait participé à la Conférence d’Abu Dhabi, n’a pas pu être ici aujourd’hui, notamment pour des raisons impératives de calendrier. Je suis donc honoré de lire un message au nom de mon gouvernement.

Monsieur le président HOLLANDE,

Monsieur le Premier ministre,

Madame la directrice générale de l’Unesco,

Messieurs les représentants spéciaux de la France et des Emirats arabes unis,

Mesdames et messieurs les ministres,

Chers donateurs,

Mesdames et messieurs

Lors de l’exposition sur le Louvre d’ Abu Dhabi, le Président Hollande avait parlé de l’émotion suscitée par un musée en train de naître. J’aimerais partager celle que vous nous ressentons ici, au Louvre, dans ce magnifique musée, parmi ces vestiges millénaires de la civilisation mésopotamienne. 

Dans ce cadre magnifique, les participants à cet événement vont mettre au service de l’humanité leur sagesse et leur volonté pour que la protection du patrimoine devienne l’ « acte de foi » pour « vivre ensemble » que la directrice générale de l’UNESCO, Madame Bokova, appelle de ses vœux. La culture est « l’âme des peuples », dit-elle. Les peuples retrouvent leur âme en préservant ces richesses venues de leur histoire.

Alors que dans le voisinage de la plupart des Etats représentés ici – et de mon pays – pour financer, armer et équiper leurs convois de mort et de haine et tuer, détruire et piller, le terrorisme se trouve Sanctuaires et se constitue Refuges, les engagements d’Abu Dhabi ont toute leur place et pertinence pour la sauvegarde du patrimoine culturel en danger.

 Ces engagements visent, en effet, à la fois la constitution d’un fonds international pour la protection du patrimoine culturel en péril en période de conflit et, en même temps, la création d’un réseau international de refuges pour sauvegarder de manière temporaire les biens culturels mis en péril. 

Dans ce contexte, l’Afghanistan dont une partie représentative de son patrimoine – on pense souvent aux grands Bouddhas de Bamiyan détruits et les collections du musée de kaboul – a été la première victime de la folie assassine et destructrice de l’obscurantisme commandité et imposé de l’extérieur, apporte son témoignage et tout son souhait de coopérer pour bénéficier du soutien des nouveaux mécanismes mis en place.

Il nous faut aussi rappeler que ces actions pour la préservation du patrimoine de l’humanité nécessitent en même temps la vigilance nécessaire pour éradiquer le terrorisme en tant que la plus grande menace envers tous. Qu’ils portent le nom d’Al Qaeda, Talibans ou aujourd’hui Daesh, ils ont tous en commun de survivre par un réseau international dans un conflit armé et imposé à l’Afghanistan de l’extérieur.

L’initiative de la réunion de décembre et celle d’aujourd’hui par la France et les Emiras arabes unis, leur enchaînement rapide et la détermination à faire fructifier ces mécanismes sont nécessaires et particulièrement louables. Pour les pays de Nawroz – et désormais pour toute l’humanité qui l’a inscrit sur la liste des patrimoines immatériels de l’humanité – la date et l’heure de la réunion d’aujourd’hui sont particulièrement propices et significatives. Juste la veille du Nouvel an afghan – et de quelques pays de la région – et alors que dans quelques minutes exactement l’équinoxe de Printemps annonce, à des centaines de millions de gens sur la planète, espoir, renouveau, paix et sérénité, cela augure bien du succès de cette rencontre. Comme on dit en persan : « la bonté de l’année se devine à son printemps. »

Chers donateurs, votre générosité fera vivre ce grand projet, cette grande ambition de sauvegarder pour les générations futures les œuvres témoins de la grandeur de l’humanité. Grâce à vous, elles continueront à enchanter, émouvoir et mieux encore à éduquer nos enfants et les enfants de nos enfants.

Merci au Président Hollande, merci au Sheikh Mohammed Bin Zayed et à leurs deux émissaires, Jack Lang, président de l’Institut du monde arabe et Mohamed KHALIFA Al MOUBARAK, président de l’Autorité du tourisme et de la culture d’Abou Dhabi. Merci à l’Unesco pour son investissement, au ministère des Affaires étrangères et du développement international, et au musée du Louvre d’offrir à cette conférence un cadre aussi prestigieux et chargé d’histoire ».