Journées européennes du Patrimoine

Photo: Zmar SHAREFI

Autour de « l’Art du Partage », le succès des portes ouvertes de l’ambassade toujours aussi grand

Pour la troisième année consécutive, l’ambassade a été heureuse de participer aux Journées européennes du Patrimoine et d’ouvrir ses portes à des visiteurs toujours aussi nombreux, curieux et enthousiastes. Merci à tous ces amis de l’Afghanistan qui découvrent ainsi quelques facettes de ses talents, sa chaleur, sa beauté, son histoire et son charme. Et sa façon de décliner l’Art du partage, thème de cette année 2018, grâce à la participation d’enfants français et afghans, d’artistes plasticiens, de musiciens, créateurs et artisans.

Les enfants d’abord : entre les écoles Paul Bert de Malakoff et Istêqlal de Tcharikar, les élèves de CM1-CM2 et leurs homologues en Afghanistan ont partagé leurs dessins, grâce à l’association Afrane (Amitié franco-afghane). Exposées sur la terrasse de l’ambassade, les œuvres des petits artistes ont piqué la curiosité des visiteurs français. Comment ont-ils pu partager ainsi une même feuille à dessin et ce qui y est représenté ? Comment les petits Afghans ont-ils prolongé ce que les jeunes Français avaient commencé à élaborer ?  L’intérêt des visiteurs était grand, mais aussi celui des enfants, affirme Sophie, leur professeure à Paul Bert. Et c’est tout un univers que la composition des dessins et les discussions en classe ont ouvert aux uns comme aux autres.

Des enfants hospitalisés à Kaboul ont aussi, d’une autre manière, représenté leur vision du partage. C’est la Chaîne de l’Espoir, dont le personnel médical gère l’Institut Médical Français pour l’Enfant – ainsi que le Pavillon des Enfants et le Pôle Mère-enfant – qui a sollicité les petits malades de tous âges et a coordonné la réalisation et la transmission à Paris de leurs dessins.

Dimanche 16 septembre, l’ambassade était véritablement une maison d’artistes. Au-delà des enfants, le plasticien Patrick Pleutin et la joueuse de Rôbab Donna Nassery ont enchanté la passerelle de verre de l’ambassade, théâtre de renaissance éphémère des œuvres détruites de la vallée de Bamiyan – où s’élevaient les bouddhas géants détruits par les talibans en 2001. L’artiste Patrick Pleutin a dessiné en direct, sur les vitres du jardin d’hiver de l’ambassade, ce que le temps et les destructions ont effacé dans les grottes de la vallée, accompagné par les sonorités amples et profondes du Rôbab, l’instrument roi dans le cœur des Afghans.

Le film de Patrick Pleutin « Les fantômes de Bamiyan » a été projeté ainsi que le documentaire de Zarif sur son atelier de couture à Kaboul. La société de Zolaykha Sherzad, créatrice de Zarif Design dont l’atelier social est basé à Kaboul, remet au goût du jour les traditions de tissage et de confection et assure la formation de femmes seules et déplacées dans la banlieue de Kaboul. Les vestes, manteaux ou gilets « Poustine » des années 70 ont séduit les visiteuses – et les visiteurs – ravis de découvrir les créations si modernes et traditionnelles à la fois de Zarif Design ainsi que les superbes étoles de soie d’Azezana, tissées à la main.

La couleur sociale, Zarif et Azezana la partagent avec l’Association des femmes bénévoles d’Afghanistan (Afghanistan Volunteer Women’s Association), qui proposait toutes sortes de produits : foulards minutieusement brodés, ceintures aux couleurs chatoyantes, multitude d’objets pour la maison… jusqu’à l’habillage de téléphone portable. La vente de ces produits renforce la situation économique des femmes qui les confectionnent. Elles intègrent ainsi le marché du travail, deviennent autonomes et acquièrent une certaine indépendance. La plupart des produits proposés par l’Afghanistan Volunteer Women’s Association, créée par des femmes afghanes en exil, provient de la province de Ghazni.

La tradition artisanale afghane remonte aux temps les plus anciens. Elle a rayonné dans les bazars de la Route de la Soie et connecté l’Orient et l’Occident. Cléopâtre et Michel-Ange étaient, l’un comme l’autre, fascinés par le bleu profond des lapis-lazulis. Aujourd’hui, ils sont toujours beaucoup utilisés dans la bijouterie. L’artisanat afghan, y compris les productions textiles, ont été placés sous la protection de l’UNESCO.

Comme chaque année, les visiteurs se sont montrés passionnés par les archives du bâtiment. Pour l’édition 2018 et le thème de « l’Art du partage », parallèlement à l’histoire du 32 avenue Raphaël et de son architecture de style « éclectique », l’ambassade a partagé avec ses visiteurs les richesses archéologiques de l’Afghanistan dans une exposition de photographies, confiées à l’ambassade par le Cérédaf (Centre d’études et de recherche documentaires sur l’Afghanistan) et l’AKDN (Aga Khan Dévelopment Network) .