Journées européennes du Patrimoine dimanche 16 septembre

Sur le thème du partage : dessins d’enfants, peintures et photos des monuments afghans, artisanat et design à l’ambassade

Le fil du partage, thème 2018 des JEDP, sera tissé à l’ambassade d’Afghanistan en France par des mains d’enfants, d’artistes plasticiens, photographes, vidéastes, créateurs et artisans.

Des écoliers de Paul Bert à Malakoff et ceux de Istêqlal à Tcharikar ont partagé leurs dessins, grâce à l’association Afrane (Amitié franco-afghane), dont l’activité essentielle est la scolarisation des jeunes Afghans. Le thème du partage a pareillement été « imposé » aux enfants hospitalisés à Kaboul aux bons soins de La Chaîne de l’Espoir. C’est à elle que l’on doit l’Institut médical français pour l’enfant et le pôle mère-enfant de Kaboul.  Les œuvres de ces jeunes artistes, écoliers ou hospitalisés, seront exposées dans les salons de l’Ambassade.

Bijoux traditionnels ou actuels, tapis, le partage c’est aussi celui des traditions artisanales à découvrir et des entreprises sociales à soutenir. Outre le travail des artisans, le thème du partage sera aussi décliné par deux invités de marque, Zarif Design et Azezana. La société de Zolaykha Sherzad, créatrice de Zarif Design dont l’atelier social est basé à Kaboul, remet au goût du jour les traditions de tissage et de confection et assure la formation de femmes seules et déplacées dans la banlieue de Kaboul. Tailleurs, couturières, brodeuses, travaillent étoffes, laines des montagnes, peaux de l’agneau du pays de Caracul, vestes, manteaux ou gilets « Poustine » des années 70. Un film sur la formation et le travail dans les ateliers Zarif de Kaboul sera projeté.

La couleur sociale est la même pour Azezana (contraction de « Arzoe Zane Afghan, L’espoir des femmes afghanes ») dont les foulards et écharpes sont tous des pièces uniques, en soie, tissées à la main. L’initiatrice du projet Azezana, Shaima Breshna, choisit les motifs ainsi que le choix des combinaisons de couleurs et du design : soyeuses nuances dans l’uni, rayures colorées ou encore accents discrets de couleur. Les différents motifs sont réalisés par 17 femmes et stagiaires en partant des fibres de soie teintes par elles-mêmes en partie à partir de plantes.

Un événement exceptionnel aura lieu à 11 heures et à 14 heures. La passerelle de verre de l’ambassade sera le théâtre de renaissance éphémère des œuvres détruites de la vallée de Bamiyan – où s’élevaient les bouddhas géants détruits par les talibans en 2001. L’artiste Patrick Pleutin va dessiner en direct, sur les vitres du jardin d’hiver de l’ambassade, ce que le temps et les destructions ont effacé dans les grottes de la vallée. La jeune musicienne Donna Nassery accompagnera la performance de dessin au Robâb. Patrick Pleutin projettera aussi son film « Les fantômes de Bamiyan ».

Parallèlement à l’histoire du 32 avenue Raphaël de son architecture de style « éclectique » – le bâtiment fut construit en 1864 et acheté en 1938 par le gouvernement royal d’Afghanistan –– l’ambassade partagera avec ses visiteurs les richesses archéologiques de l’Afghanistan dans une exposition de photographies de sites et monuments (parfois en cours de réhabilitation) et grâce aux peintures de Sarah Mostamandi.