Femmes, paix, migrants… la conférence de la Première dame a captivé son auditoire

Le 13 octobre dernier, S.E. Madame Rula Ghani a tenu une conférence à Sciences Po Paris où elle fut étudiante entre 1967 et 1969.

Une salle comble, avec des invités de prestige et beaucoup d’étudiants ; des auditeurs concentrés, à la fois curieux et séduits ; une standing ovation après plus d’une heure trente d’échanges avec la journaliste grand reporter Anne Nivat et ensuite avec la salle. La conférence donnée par la Première dame d’Afghanistan, intitulée « De la rue Saint Guillaume à Kaboul » a connu un beau succès. S.E. Madame Ghani y a abordé de multiples facettes de sa vie d’épouse, ou, plus justement, de sa vie de partenaire du président.

Lien sur la conférence https://livestream.com/sciencespo/events/7801061

Sur son rôle, elle a d’abord rappelé que lors de son discours d’investiture le 29 septembre 2014, le président Ashraf Ghani avait clairement nommé son épouse et annoncé qu’elle aurait un rôle officiel à ses côtés. Actuellement, pour des raisons de sécurité, elle ne se déplace pas sur le terrain autant qu’elle le souhaiterait, mais elle reçoit de très nombreuses délégations au Palais présidentiel. Et, souligne-t-elle, la porte de son bureau est ouverte, ce qui lui permet de se tenir informée de la situation dans le pays (et d’en rendre compte à son mari), d’aider à résoudre des problèmes, simplifier des situations, soutenir des actions, aider des acteurs économiques ou associatifs. Dix collaboratrices efficaces l’aident dans cette tâche.

Elle a ainsi permis à des femmes agricultrices qui, lors de la distribution des semences par les autorités, se trouvaient physiquement exclues, d’obtenir leur part. Sensibilisée au sort des nombreuses femmes emprisonnées et apparemment privées de leurs droits, elle a attiré l’attention de son mari sur cette question, ce qui a permis la création d’une commission de contrôle. A l’issue du premier rapport, 300 femmes ont été libérées. Et la commission poursuit son travail.

C’est surtout sur les femmes que la Première dame porte son attention et ses efforts, mais aussi sur de nombreux autres sujets. Comme celui de la paix, où, estime Madame Rula Ghani, les femmes peuvent jouer un rôle important. Ou encore sur la question des ONG concurrentes du secteur public. Il faut davantage responsabiliser femmes et hommes à leur propre développement, considère la Première dame. Il faut maintenant permettre aux ONG de se transformer en institutions locales ou nationales.

Interrogée sur la question des migrants, question complexe et douloureuse, Madame Ghani relève que le désir de découvrir le monde est largement partagé lorsqu’on est jeune. Elle explique que le profil type du migrant est un jeune homme de la classe moyenne fuyant l’insécurité dans les territoires qui tombent périodiquement sous contrôle des terroristes (talibans, daech) et que chaque situation mérite un examen particulier. Quant à la présence de réfugiés afghans en Europe, la Première dame observe que leur nombre a été exagéré par les médias et le compare aux 2 millions de réfugiés divers au Liban, qui représentent l’équivalent de la moitié de la population du pays.

Autant il est légitime de s’ouvrir au monde, de choisir de le découvrir, autant « son pays » n’a pas d’égal, confie-t-elle à un jeune Afghan qui l’interroge sur ses propres perspectives d’avenir. Alors elle invite les jeunes, une fois leurs études terminées, à rentrer en Afghanistan et à venir la voir, rappelant que la porte de son bureau est toujours ouverte.

Article paru sur le Monde des Grandes écoles et universités http://www.mondedesgrandesecoles.fr/rula-ghani-de-la-rue-saint-guillaume-a-kaboul/