Deuxième conférence de Kaboul : cessez-le feu et pourparlers de paix avec les talibans

« Si les talibans déposent les armes, nous oublierons le passé pour nous tourner vers l’avenir. » Le président Ghani a ouvert la deuxième conférence de Kaboul, qui s’est tenue le 28 février, sur une proposition de cessez-le feu et de pourparlers de paix « sans conditions » avec les talibans, qui reposerait sur un processus inclusif de l’opposition armée et un dialogue direct avec les talibans.

Les travaux de la conférence ont permis de déterminer le cadre politique jugé indispensable au processus de paix. « Les talibans devraient être reconnus comme un parti politique et un processus de renforcement de la confiance devrait être lancé » a déclaré le président Ghani devant les 25 pays participant à la conférence. Le gouvernement s’engage en conséquence à assurer la sécurité des talibans qui accepteraient son offre, à « considérer » leurs propositions, à lever les interdictions de voyager qui pèsent sur certains de leurs responsables et à obtenir un soutien international aux pourparlers. L’amnistie serait aussi un élément clé de l’édification de la paix.

Pas de conditions donc, mais le rappel que la constitution est le socle sur lequel la politique doit s’appuyer. Des « amendements » sont possibles, à condition que soient respectés les droits des citoyens, en particulier des femmes, conformément à la Constitution, ainsi que les forces de sécurité.

Le gouvernement salue l’engagement de l’Indonésie dans le processus et attend que d’autres pays y prennent un rôle actif. Un dialogue d’état à état et un engagement aux côtés de l’Afghanistan bénéficierait, en apportant de la stabilité, au Pakistan et à la région. D`autre part et dans le même direction La conférence de Tachkent, qui se déroulera les 26 et 27 mars dans la capitale de l’Ouzbékistan, accueillera les mêmes participants qu’à Kaboul dans le but de démontrer que « le “problème afghan“ ne restera pas dans l’histoire moderne comme un précédent d’indifférence de la communauté internationale face aux défis  et aux menaces qui concernent l’ensemble de l’humanité. »

« Le gouvernement afghan a présenté une offre de paix importante et bienvenue aux talibans », a apprécié l’Union européenne, qui « soutient sans réserve un processus de paix mené et pris en charge par l’Afghanistan, qui réunira tous les Afghans et ouvrira la voie à un avenir meilleur pour l’Afghanistan et l’ensemble de la région ». L’Union Européenne, dans son communiqué, se déclare prête à accompagner ce processus.