Déclaration conjointe de Nicolas Sarkozy et Hamid Karzai (27 Janvier 2012)

Sarkozy KarzaiDéclaration conjointe du président de la république, Nicolas Sarkozy, et du président de la république islamique d’Afghanistan, Hamid Karzai.
Propos de Nicolas Sarkozy (Paris, 27 janvier 2012)

Mesdames et Messieurs,

Monsieur le Premier ministre,

Monsieur le Ministre d’État,

Monsieur le Ministre de la Défense,

Nous nous retrouvons avec le Président Karzaï pour la quatrième fois, le président Karzaï est un homme pour qui nous avons estime et respect. Nous avons parlé longuement de la tragédie de Gwan, où quatre soldats français ont été assassinés.

Voici ce dont le président Karzaï et moi-même sommes convenus aujourd’hui :

Première chose : l’infiltration de Talibans dans l’armée afghane, qui est la cause de la mort tragique de nos soldats, est une menace grave qui a été jusqu’ici sous-évaluée.

Il faut en tirer toutes les conséquences, réviser de façon détaillée les conditions d’exécution de la mission de formation et renforcer de façon décisive la sécurité de nos troupes.

Le président Karzaï a pris l’engagement de tout faire en ce sens. Nos ministres de la Défense sont chargés de mettre en œuvre les mesures de protection supplémentaires qui ont été décidées.

Nous demanderons à l’OTAN de se saisir d’urgence du problème des infiltrations dans l’armée et la police afghanes, car il affecte l’ensemble de notre stratégie de transfert aux Afghans et concerne tous les alliés.

Ayant reçu les assurances que nous demandions, la reprise des missions de formation dispensées par les militaires français sera effective dès demain.

Deuxièmement, le président Karzaï, et je l’en remercie, nous a assuré que la province de Kapisa, où se trouve le contingent français, passerait sous responsabilité afghane à partir du mois de mars prochain.

Troisièmement, nous avons décidé, d’un commun accord avec le président Karzaï, de demander à l’OTAN une réflexion sur une totale prise en charge des missions de combat de l’OTAN par l’armée afghane au cours de l’année 2013.

Le gouvernement français portera une proposition dans ce sens lors de la réunion des ministres de la Défense de l’OTAN les 2 et 3 février prochain.

Pour la France, la poursuite de la transition et ce transfert graduel des responsabilités de combat permettra de planifier le retour de la totalité de nos forces combattantes dès la fin de l’année 2013.

Le retour de nos soldats est engagé depuis le Sommet de l’OTAN en novembre 2010.

400 soldats sont déjà rentrés en France l’an dernier.

D’ici la fin de l’année 2012, compte tenu des progrès de la transition, et en accord avec le président Karzaï, 1.000 soldats supplémentaires quitteront l’Afghanistan.

A l’issue, après le retrait de nos forces combattantes, la France restera engagée dans la formation de soldats afghans, aux conditions de sécurité que j’ai évoquées.

Enfin, nous venons de signer un traité franco-afghan.

Ce traité organise la coopération bilatérale entre nos deux pays dans les domaines essentiels du développement futur de l’Afghanistan : l’agriculture, la santé, l’éducation, les institutions, les infrastructures.

C’est la traduction concrète de l’engagement de la France en Afghanistan sur le long terme. Nous soutenons la démocratie afghane.

Une nouvelle étape s’engage avec les Afghans, au cours de laquelle les projets civils et de développement prendront progressivement le relais de notre présence militaire.

A titre d’exemple, nous travaillons d’ores et déjà sur l’hôpital français pour la mère et l’enfant de Kaboul, pour la création d’un réseau de lycées techniques agricoles, un partenariat entre nos services géologiques pour développer les ressources minières considérables de l’Afghanistan, et l’appui à la création d’une gendarmerie afghane.

C’est clair, l’avenir de la coopération entre la France et l’Afghanistan, c’est une coopération civile, économique, diplomatique, politique. Notre coopération militaire sera un soutien logistique et de formation. Nous restons engagés aux côtés de nos amis Afghans, mais la sécurité de l’Afghanistan, nous le souhaitons, nous pensons que c’est leur intérêt et c’est d’ailleurs la conviction du président Karzaï, c’est d’abord l’affaire des Afghans.

Je vous remercie, Monsieur le Président.