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Toute une nation pleure le docteur Nakamura, tué mercredi 4 décembre dans un attentat

De multiples et profonds hommages ont été rendus en Afghanistan, au Japon et en France après l’assassinat du docteur Tetsu Nakamura, 73 ans, tué mercredi dans un attentat à Jalalabad, avec cinq de ses gardes et collaborateurs.

A l’aéroport international Hamid Karzai, le Président Mohammad Ashraf Ghani a salué, avec une infinie reconnaissance et beaucoup de respect, la mémoire du Dr Tetsu Nakamura qui devait être rapatrié au Japon.  Il avait auparavant reçu, en compagnie de la Première Dame et du conseiller à la sécurité nationale Mohib, l’épouse et la fille de l’humanitaire, déclarant notamment : « La perte du Dr Nakamura est une tragédie dévastatrice, et toute la nation afghane pleure sa disparition ».

A Paris, à Kaboul et dans d’autres provinces, dont Nangarhar et Parwan (nord de Kaboul), des Afghans ont organisé des veillées funèbres à la mémoire de ce médecin qui avait consacré sa vie à aider les malades et les agriculteurs dans l’est de l’Afghanistan. Le Président Ghani, qui lui avait donné la nationalité afghane en octobre, l’a salué comme «l’un des plus proches amis de l’Afghanistan». Le Dr Nakamura travaillait dans le Nangarhar, région frontalière avec le Pakistan, depuis près de 30 ans. Il avait fondé Peace Medical Services (PMS), qui après l’aide médicale et la création de cliniques s’était spécialisée dans l’irrigation, permettant de cultiver de grandes étendues arides du Nangarhar grâce à la construction de tout un réseau de canaux dans le district de Khiwa, à 13 km au nord de Djalalabad. Le canal Marwarid permet d’irriguer plus de 16 000 hectares de terres et bénéficie à près de 600 000 habitants. « J’aime voir un village ramené à la vie », confiait récemment le septuagénaire à des journalistes.

« La profonde compréhension de l’Afghanistan et de son peuple, accompagnée de sa compassion envers les pauvres, l’a élevé au rang d’éminent symbole de l’humanité parmi les Afghans » a déclaré le Président. Il a ajouté qu’il avait donné des directives aux forces de défense et de sécurité pour arrêter les auteurs et les traduire en justice.

La France a condamné « avec la plus grande fermeté » l’attaque ayant visé mercredi à Jalalabad les travailleurs humanitaires, dans laquelle le docteur Tetsu Nakamura ainsi que cinq Afghans ont trouvé la mort.

Elle a présenté ses condoléances aux familles et proches des victimes ainsi qu’aux autorités japonaises et afghanes et rappelé l’impératif de protection des personnels humanitaires et des personnels de santé.

Vestiges d’Aynak : ministère de la Culture et de l’Information et UNESCO vont travailler ensemble pour leur préservation

Le président a chargé le ministère de l’Information et de la Culture de travailler en étroite collaboration avec des experts de l’UNESCO et d’autres bureaux concernés pour formuler un plan détaillé sur la conservation des vestiges emblématiques de la zone de la mine de cuivre d’Aynak.

Ghani a précisé, lors d’une rencontre avec le spécialiste du programme culturel de l’UNESCO, qu’il incombe au gouvernement de sauvegarder les sites historiques et les reliques, avec le soutien de l’expertise et de l’expérience de l’UNESCO et de ses organisations pour mieux assumer cette responsabilité.

L’exploitation de la mine, initialement prévue à partir de 2013 sous la supervision de la China Metallurgical Group Corporation, avait été reportée dans un premier temps jusqu’en 2014, mais le gouvernement afghan avait décidé de repousser l’exploitation du cuivre pour permettre la mise en place d’une campagne de fouilles.

Les fouilles initiales ont été menées en particulier par la Délégation archéologique française en Afghanistan et des archéologues afghans. Roland Besenval, directeur de la Délégation archéologique française en Afghanistan (DAFA), s’alarmait en 2009 : « Le site bouddhique d’Aynak est emblématique », son démantèlement constituerait une perte équivalente « à la destruction des bouddhas de Bamiyan » par les talibans en 2001.

Le chantier commencé en 2011 a permis le dégagement d’une dizaine de monastères défensifs, bâtis comme des forteresses en nids d’aigle. Pour Philippe Marquis, successeur  de Roland Besenval à la direction de la DAFA – de 2009 à 2014 – et chargé par le ministère afghan des mines de l’expertise scientifique et technique du projet de fouille, estime quant à lui que le site d’Aynak est « la plus belle révélation archéologique de ces 40 dernières années en Afghanistan ».

Plusieurs milliers de statues ont été trouvées, puis transférées au Musée national à Kaboul, ou stockées sur place. Un riche mobilier archéologique était encore en place, décors architecturaux, fresques, céramiques, monnaies, et même un trésor, de bijoux de perles et lapis-lazuli, qui a échappé aux pillages du début des années 2000.

La société Iconem a documenté les stupas, sculptures, peintures, de ce site emblématique perché à 2 500 m et réalisé un modèle 3D des vestiges, dont une partie est visible ici : https://www.lemonde.fr/architecture/visuel/2017/05/11/vus-d-un-drone-les-tresors-de-mes-aynak-en-afghanistan_5125971_1809550.html

Discours du Dr Balkhi, ministre de l’Education à la Conférence générale de l’UNESCO

L’Ambassadeur Sediqi a porté la parole du ministre de l’Education nationale, le Dr Balkhi, dans un discours prononcé lors de la plénière et du débat de politique générale de la 40e session de la Conférence générale.

Le discours était essentiellement axé sur les avancées en matière d’éducation et sur la défense et l’attachement de l’Afghanistan en matière de liberté d’expression, de sécurité des journalistes, de développement des medias. Le ministre n’a pas caché que le contexte était difficile, tout en présentant les progrès accomplis.

Veuillez trouver ci-joint le discours du Dr Balkhi.

Bien cordialement,

Speech of Dr Mirwais Balkhi.

Minister of Education of Education of I.R. of Afghanistan

Paris, 13 November 2019

Monsieur le Président de la Conférence Générale,

Monsieur le President du Conseil Exécutif,

Madame la Directrice Générale,

Mesdames et Messieurs les Chefs de délégations,

Excellences,

Mesdames et Messieurs,

Je suis honoré de délivrer le message de S.E. le Dr Balkhi, Ministre Afghan de l’Education Nationale qui est retenu à Kaboul. Je vais délivrer le message en anglais, tel qu’il a été rédigé.

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In the name of God, the Merciful, the Compassionate!

Excellency – Chair of the General Conference,

Heads of Delegation, my fellow Ministers, Experts, Civil Society Representatives, media colleagues, ladies and gentlemen!

I bring warm greetings and best wishes from the people and the Government of Islamic Republic of Afghanistan for a very successful UNESCO General Conference.For Afghanistan, UNESCO remains a trusted partner to support our commitments and efforts to attain the Sustainable Development Goals by 2030. On behalf of Afghan people, we express our sincere thanks to the UNESCO community for the continued support to our efforts.

Excellencies,

Over the last eighteen years, despite challenges, Afghanistan has been working steadily to strengthen the defenses of peace through education, sciences, culture and communication to advance respect for fundamental freedoms justice, rule of law and and promote global citizenship.

Article 43 of Afghanistan’s constitution “Education is the right of all citizens of Afghanistan, guarantees the Right to Education for all Afghans. To realize this right, I am pleased to share that our education system has had significant qualitative and quantitative achievements over the last 18 years, in terms of access, quality and management.

Presently around 9.6 million students (39% of whom are girls) are being educated by 229,000 teachers in around 18,000 educational institutions across the country. This marks over 9 folds increase in the numbers of learners since 2001.

We are currently implementing the National Education Strategic Plan III (2017 – 2021) to expand and improve the equitable access to quality educational opportunities for all, through strengthened institutional governance and management capacities at all levels.

In line with the SDGs 2030 and Government Vision, we have drafted the Education Decade Plan (National Education Strategy 2020 – 2030) to guide and advance our educational efforts to ensure our commitment to all the learners in close engagement with teachers, parents and communities.  We are working on alternative pathways to provide education and learning opportunities for over 3.7 million out-of-school children and youth.

We are currently finalizing the new National Curriculum Framework for both formal and non-formal education, with technical and financial support from UNESCO and World Bank. In coming years, we will have revised syllabus, textbooks and will require massive investments in teachers, both Pre-Service as well as In-Service Training. For this, we are already seeking the support of UNESCO, GIZ, GPE and our friends in the international community.

In the field of higher education, we are pleased to witness a rapid growth as a result of the Government’s productive efforts over the last decades. During this period, the number of public universities has increased from 7 to 38, enrollments in the public and private universities has increased more than 440% over this period.

Ladies and Gentlemen

The Government of Afghanistan firmly believes that sustainable development is possible only when such development efforts are grounded on our rich and diverse tangible and in-tangible cultural heritages as enshrined in our constitution to promote peace through the intellectual and moral solidarity of humankind. Afghanistan as a State Party is committed to UNESCO’s Cultural Conventions to safeguard Afghanistan’s and indeed a part of humanity’s tangible and intangible cultural heritage.

Here I want to thank UNESCO for the mission it sent to the Minaret de Jam – the site in Afghanistan inscribed on UNESCO’s liste of World Heritage in Danger… and for the launched project to safeguard the site, thanks to funding from the International Alliance for the Protection of Heritage in Conflict Areas (ALIPH) of US$1.9 million.

Excellencies,

On promoting access to information and freedom of expression our progress has been also noteworthy. Starting with only one state channel in 2001, today we have more than 65 TV and 174 radio channels, hundreds of newspapers and magazines. Over 70% of citizens listen to radio and over 55% watch television. Over 90% of the population have access to telecommunication services and the social media users is growing steadily, currently estimated at over six million users.

The Government takes the rights and safety of the Journalists and media workers seriously. We have endorsed the provisions guaranteeing these rights to ensure effective implementation of the Article 34 of the Constitution, which guarantees freedom of expression for all Afghans.

 

Afghanistan government is an accountable government and not only welcomes media critique reports, but also considers freedom of expression and free media as a mighty arm for provision of justice, rule of law and for protection of the country’s national interests. Therefore, we defend this human value and fundamental human right.

We have taken serious measures in provision of access to information that is another human right derived from the right of freedom of expression. We have ratified the law of Access to Information and all public officials are obliged to provide access to information based on this law. An Access to Information Commission has been formed and also a Joint Commission to provide safety to media outlets and journalists have been formed between media representatives and government under chairmanship of Second Vice President, and specific centers for safety of journalist have been established in Kabul and provinces, and cases of violence against journalists are being prosecuted seriously by judicial institutions.

This year, a fund for journalists has been created, intended for media employees, including the families of those who were killed and President Ghani urged media owners to provide insurance policies to journalists.

 

Excellency Chair and Friends,

We are also pleased to share positive advancements in the areas of women empowerment and gender equality in Afghanistan. Some of the highlights are:

  • Number of women Judges have reached 240
  • 28% of the lower house and 17% seats at the upper house of the parliament are reserved for women.
  • 36% of the teachers across the country are women.
  • Across Afghanistan 7,003 female doctors provide health care services and this number is growing.
  • At the provincial level 32 provincial directorates are led by women and 35% of the local development units are led by women.
  • 22% of the public service staffs of Afghanistan are also women.
  • Over 800 entrepreneurship initiatives are led by women.

Ladies and gentlemen,

On behalf of the people and the Government of Afghanistan, I would like to express our sincere thanks to UNESCO and our friends and international partners for support to the efforts of Afghanistan to bring peace and prosperity to its citizens.

Thank you.

 

 

Droits de l’homme en Afghanistan : la Commission indépendante ré-accréditée sous statut privilégié

L’AIHRC,  Commission afghane indépendante des droits de l’homme, a été ré-accréditée pour cinq autres années en tant qu’institution « Statut A » par le Sous-comité d’accréditation (SCA) de la Global Alliance of National Human Rights Institutions (GANHRI). La Commission afghane poursuit son travail de surveillance, de protection, de promotion et d’institutionnalisation des valeurs des droits de la personne en Afghanistan depuis plus de 17 ans.

Le GANHRI compte 123 institutions nationales des droits de l’homme parmi ses membres et la Commission indépendante des droits de l’homme d’Afghanistan est l’une des 88 institutions qui ont été accréditées en tant qu’institution « Statut A », en reconnaissance de sa pleine conformité aux Principes de Paris et de son travail dans un environnement difficile.  Ses prises de position publiques sur des questions sensibles et importantes des droits humains ont aussi été reconnues. Les six principaux critères énoncés pour les institutions nationales des droits de l’homme dans les Principes de Paris sont les suivants : Mandat et compétence, autonomie par rapport au gouvernement, indépendance garantie par le statut ou la constitution, pluralisme, ressources adéquates et pouvoirs d’enquête adéquats.

Les institutions dotées du statut A peuvent participer pleinement aux travaux et aux réunions internationales et régionales, en tant que membres votants. Elles peuvent également participer aux sessions du Conseil des droits de l’homme.

La ré-accréditation de l’AIHRC en tant qu’institution dotée du statut d’institution en cette période critique est une reconnaissance du travail important de ses collaborateurs et une illustration de la crédibilité et de la reconnaissance internationales de l’AIHRC.

Les dirigeants et le personnel de la Commission ont salué l’appui du gouvernement afghan, de leurs partenaires internationaux et de la société civile afghane pour leur soutien continu.

L’Afghanistan élu au Conseil exécutif de l’UNESCO

L’ambassade et Délégation permanente de la R.I. d’Afghanistan est très heureuse et très fière d’annoncer que l’Afghanistan fait désormais partie du Conseil exécutif de l’UNESCO. La nouvelle composition du Conseil a été arrêtée ce 20 novembre par la Conférence générale qui tient sa 40ème session du 12 au 27 novembre. Le Conseil exécutif est l’un des trois organes constitutionnels de l’UNESCO (Conférence, Conseil, Secrétariat).

Les 58 membres du Conseil sont élus pour quatre ans par la Conférence générale – qui se  compose des représentants de tous les États membres de l’Organisation (193 pays). Le choix de ces représentants dépend notamment de la diversité des cultures qu’ils représentent et de leur origine géographique ; il est l’objet d’arbitrages complexes pour atteindre un équilibre entre les régions du monde, reflet de l’universalité de l’Organisation.

Le Conseil exécutif est, en quelque sorte, le conseil d’administration de l’UNESCO. Il prépare le travail de la Conférence générale et veille à ce que ses décisions soient bien exécutées. Les fonctions et responsabilités du Conseil exécutif découlent essentiellement de l’Acte constitutif et des règlements ou directives établis par la Conférence générale. Ces règles sont en outre complétées par des résolutions de la Conférence générale.

Tous les deux ans, la Conférence générale confie au Conseil des tâches spécifiques. D’autres attributions découlent d’accords conclus entre l’UNESCO et l’Organisation des Nations Unies, les institutions spécialisées et d’autres organisations intergouvernementales.