Appel à la Nation du président Ghani

 Dans un discours à la Nation, le président a déclaré que le gouvernement s’était engagé à mettre fin à la guerre. Il a appelé lundi les talibans à des pourparlers directs.

Alors que les pourparlers entre les Etats-Unis et les talibans se sont achevés samedi au Qatar, M. le président Ghani s’est adressé à la nation et a assuré que les droits du peuple afghan ne seraient pas compromis au nom de la paix et que la souveraineté du pays serait préservée.

Sans faire d’allusion directe à la rencontre de Doha, le président a ajouté que les talibans avaient actuellement deux choix : soit se tenir aux côtés du peuple afghan, soit être utilisé comme un outil par d’autres pays. Le chef de l’Etat a rappelé qu’une discussion de paix ne pouvait se faire sans le gouvernement afghan et il s’est inquiété des conséquences pour le pays d’un processus précipité : « Aucun Afghan ne veut que les troupes étrangères restent indéfiniment dans le pays. Nous voulons la paix, nous la voulons vite, mais nous la voulons avec un plan. » Il a déclaré que le gouvernement était déterminé à mettre fin à la guerre vieille de 40 ans et que c’était le souhait de tous les Afghans. M. Ashraf Ghani a ajouté que des efforts concertés étaient déployés pour la paix, mais que le gouvernement travaillait également dur pour développer le pays.

Le président a renouvelé son appel à un dialogue direct avec les talibans, qui le refusent toujours.  Les Etats-Unis ont de leur côté conditionné toute signature d’accord à un dialogue direct entre le gouvernement afghan et les ­talibans. Sans entrer dans les détails, M. Zalmay Khalilzad, l’émissaire des Etats-Unis pour la paix en Afghanistan et l’un des négociateurs au Qatar, a déclaré dans des tweets que rien ne pouvait être convenu sans un dialogue intra-afghan et un cessez-le-feu complet. Un processus de paix signé à la va-vite avant l’élection présidentielle de juillet risquerait d’ouvrir une nouvelle séquence de violences redoutée par tous.