Le plan de paix du gouvernement présenté à la presse

Hamadullah Moheb, Conseiller à la sécurité nationale, a présenté la version préliminaire du plan de paix du gouvernement lors d’une conférence de presse. Le plan décrit les moyens de parvenir à la paix, des discussions avec les États-Unis et l’OTAN au consensus régional, en passant par la coordination aux niveaux national et international, ainsi que les relations entre les talibans et le Pakistan.
Le conseiller pour la sécurité nationale affirme que le gouvernement afghan travaille d’arrache-pied pour mettre fin à l’effusion de sang et assurer la sécurité. Il a déclaré que l’objectif principal des pourparlers de paix est que les talibans mettent d’abord fin à la guerre et acceptent un cessez-le-feu d’une durée d’un mois.
Selon M. Moheb, le plan de paix en sept points met l’accent sur la façon dont les relations futures de l’Afghanistan avec les États-Unis et ses partenaires internationaux seront abordées et dans quelle mesure le Pakistan va réduire son soutien aux talibans. Il a ajouté que les talibans n’étaient pas unis et que leur « compétence était entre des mains d’autres ». Maintenant qu’ils prétendent vouloir la paix, ils devront prouver leur capacité à mettre en œuvre cette volonté.

Le conseiller à la sécurité nationale, a par ailleurs, affirmé qu’une Jirga aurait lieu entre Afghans pour discuter du processus de paix. En même temps, il doit y avoir un consensus au niveau international et dans la région pour une coordination et faire en sorte qu’en cas d’accord, les décisions sont assorties de garanties de mise en œuvre. En plus de tout cela, a-t-il dit, des travaux sont en cours pour améliorer la gouvernance locale et planifier la mise en place de mécanismes qui permettront d’élargir les services pour le public et éliminer les autres facteurs de la perpétuation de la guerre.
A propos du récent voyage en Afghanistan de M. Khalilzad, le Conseiller à la sécurité nationale a fait savoir qu’il était en mission à Kaboul pour libérer deux professeurs de l’université américaine et discuter avec le gouvernement sur son assistance. Il a ajouté que les professeurs devraient être salués pour leur engagement et qu’aucun effort ne devrait être ménagé pour leur libération.

Le président Ghani reçoit parallèlement la présidente de la Chambre des Représentants et le secrétaire d’Etat à la Défense

Le président Mohammad Ashraf Ghani a rencontré dimanche à Kaboul une délégation du Congrès américain conduite par Madame Nancy Pelosi, présidente de la Chambre des représentants. Il a également reçu en entretien Monsieur Mark Esper, secrétaire d’Etat à la Défense, dont c’était la première visite à Kaboul depuis sa nomination.

Ghani a remercié Madame Pelosi et la délégation qui l’accompagnait pour le soutien financier et politique apporté par les Etats-Unis à l’Afghanistan au cours des cinq dernières années, pour la contribution des Etats-Unis au processus démocratique avec l’Afghanistan, pour les sacrifices des forces américaines qui se sont battues pour la stabilité, la sécurité et les objectifs communs des deux pays. Le président Ghani a ajouté que le partenariat avec les États-Unis avait été durable et continuerait de l’être. « La tragédie du 11 septembre 2001 a uni nos pays, a-t-il déclaré, et nous appelons les États-Unis à soutenir l’Afghanistan et à élargir les relations entre les deux pays dans divers domaines, notamment dans le secteur de la sécurité. » Monsieur Ghani a rappelé que la spécificité de la nature de la présence américaine en Afghanistan repose sur des traités signés entre les deux pays et que toute décision la concernant serait examinée à l’avenir entre les deux pays.

 

Nancy Pelosi : « Les femmes afghanes doivent être à la table des négociations de réconciliation »
En ce qui concerne la paix, elle est « notre priorité, une paix dirigée et maîtrisée par les Afghans » et les valeurs constitutionnelles et les droits des femmes y sont préservés. « Le rôle des femmes en Afghanistan a été optimisé, elles ont considérablement contribué à de grandes décisions de la nation » a confirmé la Première dame. Tout en affirmant la nécessité que les « femmes afghanes soient à la table des négociations de réconciliation » et en saluant ce qu’elles avaient réalisé en Afghanistan, Madame Pelosi a pour sa part, déclaré que le maintien des réalisations et la garantie des droits des femmes afghanes était l’une des priorités du Congrès américain. « Nous respectons vos réalisations, vos engagements et vos priorités, ainsi que vos intérêts nationaux et vos efforts pour maintenir une amitié durable avec les États-Unis d’Amérique. Protéger ces réalisations communes est une priorité pour nous tous » a déclaré la présidente de la Chambre basse du Congrès.
Evolution de la bonne gouvernance, lutte contre le terrorisme et corruption, réformes de la fonction publique et développement de l’éducation et de la santé, installation d’une paix durable dans laquelle les intérêts du peuple afghan sont protégés ont été les autres sujets abordés par la partie afghane pendant la réunion. Au sujet du succès de l’élection présidentielle, le Président Ghani s’est félicité de la participation des Afghans et de l’efficacité des forces de Sécurité et de Défense qui ont permis, malgré les menaces, le déroulement du processus en toute impartialité.

Le président Ghani a  rappelé qu’Al-Qaïda et l’ISIL constituent toujours une menace grave pour la sécurité de l’Afghanistan et des États-Unis, les talibans poursuivant leurs activités terroristes et ciblant délibérément des civils. Leur but est de nuire au régime et heureusement n’a pas atteint son but, a estimé le président. « La raison de notre présence ici, c’est qu’autrefois, les talibans hébergeaient des terroristes qui nous ont attaqués, a observé Madame Pelosi, et que nous ne voudrions plus jamais voir l’Afghanistan redevenir un sanctuaire du terrorisme. »
La délégation américaine a également rencontré le général Scott Miller, commandant des troupes américaines et de l’OTAN en Afghanistan, le chef de l’Exécutif, Dr Abdullah, ainsi que de hauts diplomates, de hauts responsables du gouvernement afghan et des dirigeants de la société civile.

« Notre délégation a été informée par l’ambassadeur John Bass et d’autres diplomates sur les efforts de réconciliation avec les talibans, responsables de violentes attaques en Afghanistan » précise le communiqué publié par le bureau de Madame Pelosi. « Nous avons également recueilli des informations sur les résultats encore attendus de l’élection présidentielle afghane de septembre, et nous espérons tous qu’ils seront bientôt disponibles. »

 

Mark Esper : La réduction des troupes devra coïncider avec un accord de paix 

Le secrétaire d’Etat à la Défense, M. Mark Esper, lui aussi en visite surprise à Kaboul, a déclaré à l’agence AP dimanche que le nombre de troupes américaines en Afghanistan pourrait être réduit à 8 600 – elles sont aujourd’hui 14000 – et que les opérations de contre-terrorisme pourraient être maintenues, mais que cette réduction devrait coïncider avec un accord de paix. Il a déclaré à la presse que « l’objectif est toujours d’obtenir un accord de paix, un accord politique ».

Au cours de la réunion au palais présidentiel, le président Ghani et le secrétaire d’Etat ont examiné les questions de sécurité en Afghanistan, dans la région et au-delà, la lutte contre le terrorisme, le financement et l’équipement des forces de sécurité et de défense afghanes et la coopération entre les deux pays dans différents domaines.
Mark Esper a salué les efforts déployés pour mener à bien l’élection présidentielle dans ce processus national. Le secrétaire américain à la Défense a également souligné l’efficacité de son assistance aux forces de sécurité et de défense afghanes.
En réponse, le Président Ghani a évoqué les actions concrètes et systématiques du gouvernement afghan dans la lutte contre la corruption, en particulier dans les institutions de sécurité et de défense du pays, ainsi que les mesures qui seront prises dans l’avenir.
Au cours de la réunion, les deux parties ont discuté de l’évolution du processus de paix et de la situation en Afghanistan, dans la région et au-delà.

Le gouvernement afghan approuve la politique commerciale nationale

Le 10 octobre, l’Afghanistan a franchi une nouvelle étape dans ses efforts visant à utiliser les marchés mondiaux pour stimuler la croissance et la création d’emplois lorsque le cabinet présidé par le président Ashraf Ghani a approuvé la première politique commerciale nationale du pays.  Cette politique commerciale nationale établit un programme quinquennal pour surmonter les défis auxquels les entreprises afghanes font face, dans un marché international concurrentiel.

L’adoption de la politique commerciale nationale de l’Afghanistan (ANTP) marque l’aboutissement d’un processus de conception global auquel ont participé des intervenants publics et privés et qui vise à tirer parti de l’accès aux marchés internationaux rendu possible par l’adhésion de l’Afghanistan à l’Organisation mondiale du commerce en juillet 2016.

L’ANTP servira de feuille de route pour améliorer la compétitivité des exportations de l’Afghanistan en renforçant la capacité des institutions nationales et en créant un environnement propice aux affaires dans le pays et au-delà des frontières. Il cherchera également à favoriser la cohérence des politiques au sein du gouvernement en précisant comment le ministère de l’Industrie et du Commerce (MCI) peut créer des synergies avec d’autres ministères et leurs politiques.
L’ANTP est une composante centrale du projet « Advancing Afghan Trade », programme d’appui lié au commerce financé par l’Union européenne et mis en œuvre par le Centre du commerce international (CCI) à l’appui du MOCI afghan.

Les réformes énoncées dans cette politique comprennent de nombreuses mesures visant à mettre en œuvre les règlements découlant des engagements de l’Afghanistan dans le cadre de l’OMC, soutenant ainsi son processus post-adhésion. Ils appuient également les priorités nationales de développement du secteur privé et de l’agriculture décrites dans le Cadre national pour la paix et le développement de l’Afghanistan (ANPDF, 2017-2021), la stratégie politique globale du pays.

« L’adoption de la politique commerciale nationale est une autre étape importante dans l’élaboration d’un ensemble inclusif et tourné vers l’avenir de politiques clés visant à donner aux produits afghans exportés de meilleures chances de succès sur les marchés internationaux, s’est félicité l’ambassadeur de l’UE, Pierre Mayaudon. Cette politique favorisera le commerce régional et permettra à l’Afghanistan de progresser dans la réalisation de ses engagements post-adhésion à l’OMC. L’UE est fière d’avoir joué un rôle moteur dans ce processus et continuera à renforcer son partenariat économique avec l’Afghanistan afin de soutenir une croissance sans exclusive ».

Pour Hafiz et Yam Pakzad, le père et le fils, la peinture est une affaire de famille

Sous le pont des Grésillons, à Asnières, les fresques monumentales du Château, de l’Hôtel de ville et du Pont d’Asnières ont nécessité plus de quatre mois de travail minutieux. Il faut dire qu’Hafiz Pakzad s’exprime par tout petits points, sur des œuvres parfois gigantesques. Il a poussé son admiration et son amour pour les Impressionnistes jusqu’à inventer le « Pixellisme ». Conçues point par point, ses toiles recèlent des millions d’infimes touches, comme les points minuscules qui définissent une image numérique.

On pourrait dire de son fils, Yam, qui a exposé au Salon d’Automne son tableau « Robot Archéologue » du 10 au 13 octobre 2019 parmi plus de 600 artistes venus du monde entier, qu’il est tombé dans la peinture comme Obélix dans la potion magique. A cinq ans, il peignait déjà. Aujourd’hui, il est soutenu et encouragé par le grand artiste surréaliste Jean Desvilles, Président des « Amis du Salon d’Automne de Paris ».

Bien qu’il expose depuis plusieurs années déjà et qu’il ait participé à plusieurs prix, il faudra pourtant encore quelques temps à Yam avant d’égaliser le palmarès de son père, qui s’est vu décerner de très nombreuses et prestigieuses récompenses, comme le « Prix Univers des Arts », lors du grand prix de Barbizon 2018 de l’Académie Boitiat.

Originaire de Bamyân, Hafiz Pakzad a commencé à peindre il y a plus de 50 ans en Afghanistan. Après des études suivies aux Beaux-Arts de Kaboul, il a rejoint la France où il vit maintenant de son art. Comme l’a écrit Nicole Lamothe (L’Univers des Arts, Mars – Avril 2013), « Il a pu enfin concrétiser son désir : peindre pour lui, amoureux de la culture française tant artistique que littéraire qu’il a étudiée ; il reconnaît comme ses maîtres Monet pour sa recherche de lumière, Seurat et la rigoureuse ordonnance de ses compositions mais encore Ingres dont il admire la probité du dessin. »

Dans ses œuvres, on perçoit discrètement ces diverses influences, mais aussi celle de la Renaissance, avec même, parfois, une touche de surréalisme. Mais la vaste culture, la réflexion, l’onirisme de ce peintre à la fois paisible et tumultueux, discret et audacieux, Afghan et Français, donnent à ses tableaux une réelle originalité.  Nicole Lamothe ajoute : « L’imaginaire s’unit à la réalité dans ses toiles fort bien structurées et le plus souvent exécutées en un pointillisme qu’il nomme « pixellisme », petits points réalisés avec un pinceau minuscule et qui ne se révèlent que lors d’une observation attentive. » Avec ses « petits points » et son pinceau  minuscule, il a réalisé des œuvres gigantesques, comme les fresques du Château, de l’hôtel de ville et du Pont d’Asnières.

Durant sa jeunesse, Hafiz Pakzad avait admiré les superbes Bouddhas de Bamyân aujourd’hui sauvagement détruits. Il a perpétué leur souvenir dans une toile magistrale représentant l’un deux, qui a été acquise par le musée Guimet ; Hafiz Pakzad en a offert une reproduction à l’Ambassade.